Plusieurs villes américaines qui ont résilié leur contrat avec Flock Safety, entreprise de caméras de lecture de plaques d'immatriculation, se retrouvent avec le matériel toujours installé. À Henrico, en Virginie, les équipes municipales ont retiré plus de 120 caméras. À Plymouth, dans le Minnesota, le chef de la police a coupé l'alimentation. L'affaire est révélatrice – il est difficile de se séparer d'un fournisseur technologique quand le matériel lui appartient.
Quelques termes, avant d'entrer dans les faits. ALPR signifie automatic license plate recognition, c'est-à-dire lecture automatique des plaques d'immatriculation. Work order désigne l'ordre de travail par lequel une entreprise programme une intervention technique. Contrat désigne ici l'accord entre la commune et le fournisseur, qui inclut aussi le retrait des dispositifs. Surveillance de masse est l'expression employée par les groupes de défense des consommateurs pour critiquer la surveillance indiscriminée des personnes et des véhicules.
Que s'est-il passé à Henrico, en Virginie ?
Selon TechRadar, le comté de Henrico a mis fin au contrat avec Flock début octobre pour des raisons de vie privée. Les responsables affirment que l'entreprise n'a pas respecté l'«obligation contractuelle» de retirer les dispositifs.
Les équipes municipales ont donc retiré à la main plus de 120 caméras, ainsi que les panneaux solaires. Une image obtenue par la chaîne 12 On Your Side montre le tas d'appareils. Les poteaux, précise la source, sont restés à leur place, car selon les équipes il revient à Flock de s'en occuper.
Pourquoi le chef de la police de Plymouth a-t-il coupé les caméras ?
Le conseil municipal de Plymouth a voté la fin de l'utilisation de Flock le 22 septembre. Le lendemain, comme le rapporte Tom's Hardware, la commune a suspendu les comptes et envoyé une lettre formelle de résiliation, après avoir consulté le service juridique.
Le chef de la police Eric Fadden a déclaré à The Drive que l'entreprise n'avait pas répondu, hormis des contacts avec le représentant local. Après plus d'une semaine de silence, il a ordonné de débrancher les câbles d'alimentation, pour s'assurer que les caméras n'enregistrent plus de plaques. Les caméras restent toutefois la propriété de Flock.
Que s'est-il passé à Dayton et à Elgin ?
Selon The Verge, à Dayton, dans le même État, l'entreprise a répondu en évoquant des délais allant jusqu'à 60 jours pour le retrait. Malgré cela, deux caméras ont été reconnectées sans autorisation, alors que la commune avait demandé de ne pas exécuter l'ordre de travail.
La même source rappelle un cas dans l'Illinois, où l'entreprise aurait refusé de retirer les caméras et en aurait découvert certaines au Elgin Community College, après la demande de résiliation de l'établissement.
Pourquoi Flock est-il au cœur des polémiques ?
Les sources citent plusieurs épisodes. Il y a des agents arrêtés pour usage abusif du système, et la plaque d'une voiture d'essai, signalée à tort comme volée, qui a conduit la police à arrêter un journaliste de The Drive. Une plaque très semblable a provoqué une seconde fausse alerte dans le Nebraska.
Tom's Hardware fait état de plus de 300 000 caméras installées aux États-Unis et d'un système qui utilise l'IA pour reconnaître les véhicules même à partir d'autocollants, de couleur et de modèle. Flock a abandonné le projet de détection du son ambiant après les critiques de groupes de défense des consommateurs.
Limites à connaître
Les versions viennent surtout des communes et des médias. La seule réponse de Flock rapportée est celle du porte-parole Andrew Smith à The Verge, qui parle de respect de la décision de la ville et de travail en cours pour retirer les caméras. On ignore quand le retrait aura lieu, ni si les retards relèvent d'un choix ou de problèmes d'organisation. Les sources n'indiquent pas s'il existe des pénalités contractuelles.
Ce qui change pour qui travaille avec le numérique
Pour qui achète de la technologie, l'affaire montre qu'il faut lire la clause de sortie avant de signer. Qui gère des données personnelles, par exemple avec des caméras ou des logiciels de gestion, devrait préciser qui démonte le matériel, dans quels délais et avec quelles pénalités. Un modèle utile est celui des contrats avec pénalités numérisées. Pour vérifier un texte contractuel, tu peux t'appuyer sur l'analyse de contrats et RGPD avec l'IA, toujours avec un contrôle juridique.
Notre avis
Le point le plus grave n'est pas la caméra débranchée, mais l'asymétrie. Le client délibère, rédige, consulte son avocat, et le fournisseur reste silencieux, car laisser l'installation en place ne lui coûte rien, comme le relève Tom's Hardware. Si la déclaration de Flock est sincère, le retrait devrait intervenir rapidement. D'ici là, la commune supporte le coût d'un contrat terminé. Une obligation de retrait avec échéance claire devrait être écrite noir sur blanc.
Questions fréquentes
Qui a retiré les caméras à Henrico ?
Ce sont les équipes municipales qui les ont retirées. Il s'agit de plus de 120 caméras, avec leurs panneaux solaires. Les poteaux sont restés en place, car selon les équipes, c'est à Flock de s'en charger.
Les caméras de Plymouth sont-elles encore actives ?
Non, selon le chef de la police. Eric Fadden a fait débrancher les câbles d'alimentation après plus d'une semaine sans réponse. Elles restent toutefois installées et appartiennent à Flock.
Qu'a répondu Flock ?
Le porte-parole Andrew Smith a déclaré à The Verge que l'entreprise respecte la décision de la ville et collabore au retrait des caméras. Il n'a pas indiqué de dates.
Que s'est-il passé à Dayton ?
Deux caméras ont été reconnectées sans autorisation. La commune avait suspendu le programme et demandé de ne pas exécuter l'ordre de travail, mais selon la source, cela n'a pas été respecté.
Pourquoi les caméras Flock sont-elles contestées ?
Pour des craintes liées à la vie privée et à des abus présumés. Les sources citent des agents arrêtés, de fausses alertes sur des plaques et le projet de détecter le son ambiant, finalement abandonné.
Ce qu'il faut surveiller dans les prochaines semaines sur l'affaire Flock
L'affaire reste ouverte tant que les caméras ne sont pas retirées. Mieux vaut suivre les communes et les mouvements de l'entreprise.
- Vérifie si Flock indique une date de retrait pour Henrico et Plymouth.
- Contrôle si d'autres communes, outre Dayton et Elgin, signalent des caméras réactivées après la résiliation.
- Dans tes contrats avec des fournisseurs technologiques, cherche la clause qui précise qui retire le matériel et dans quel délai.




