SpaceX aurait engagé des négociations avec EchoStar pour acheter Boost Mobile, l'opérateur mobile virtuel américain, ou pour utiliser son réseau. L'information provient d'une enquête du Washington Post, reprise par TechCrunch, The Verge et d'autres médias. Pour l'instant, aucune confirmation officielle. Elle compte, car elle montre comment l'entreprise d'Elon Musk veut passer des satellites à un véritable service de téléphonie, avec une partie de réseau terrestre qu'elle n'a pas aujourd'hui.
Quelques termes avant d'entrer dans les faits. MVNO désigne un opérateur virtuel, qui vend des abonnements mais utilise le réseau d'autres. Spectre désigne les fréquences radio sur lesquelles circule le signal. Direct-to-Cell est la liaison directe entre satellite et téléphone, sans antennes dédiées. Bande basse désigne des fréquences comme les 800 MHz, qui traversent mieux les murs et les obstacles. Cell site est un site équipé des antennes d'un réseau mobile.
Quelles auraient été les discussions entre SpaceX et EchoStar ?
Selon le Washington Post, Elon Musk aurait parlé directement avec Charlie Ergen, président d'EchoStar, en octobre. Le sujet serait l'achat de Boost Mobile, qui avec GenMobile apporte à EchoStar environ 7,5 millions de clients, selon TechCrunch.
L'alternative serait un accord séparé pour l'accès au réseau. Android Authority écrit que SpaceX chercherait aussi à accéder à environ 80 000 sites cellulaires aux États-Unis. Selon The Verge, ni SpaceX ni Boost n'ont répondu tout de suite à la demande de commentaire.
Pourquoi SpaceX a-t-il besoin de Boost Mobile ?
SpaceX propose déjà Starlink Mobile via T-Mobile, mais la liaison directe avec le téléphone ne fonctionne qu'en extérieur. C'est ce qu'explique Punto Informatico. Les fréquences achetées à EchoStar et la nouvelle licence en bande 800 MHz devraient améliorer la couverture à l'intérieur des bâtiments.
Il manque toutefois le réseau terrestre. Boost couvre une grande partie des 48 États contigus, indique TechCrunch. Avec ces pylônes, Starlink pourrait servir les téléphones en extérieur et laisser aux antennes au sol les cas où le signal satellite n'arrive pas.
Quels obstacles se dressent devant l'opération ?
Le premier concerne les grands opérateurs. Musk aurait demandé à AT&T, T-Mobile et Verizon de lui vendre de la capacité sur leurs réseaux, et tous les trois auraient refusé.
Le second est technique et contractuel. Boost n'a pas de pylônes propres et loue de la capacité à AT&T et T-Mobile, qui pourraient devoir approuver le passage. Les sources du Post, rapporte TechCrunch, disent que ces contrats ne sont en général pas transférables. SpaceX devrait donc demander l'autorisation à deux futurs concurrents.
Construire un réseau propre prend-il vraiment si longtemps ?
Ici les positions divergent. Punto Informatico rapporte que, selon le PDG de Verizon, une infrastructure terrestre coûterait jusqu'à 500 milliards de dollars et prendrait au minimum 4 à 6 ans. Musk aurait répondu qu'il suffisent de 2 à 3 ans.
Ce sont des déclarations partisanes, pas des mesures indépendantes. Elles expliquent néanmoins pourquoi racheter un opérateur déjà actif est plus rapide que partir de zéro.
Le même article rappelle aussi l'hostilité des quatre principaux opérateurs européens envers SpaceX.
Limites à connaître
Tout repose sur des sources anonymes du Washington Post. Aucune des parties n'a confirmé les négociations, et ni le prix, ni le calendrier, ni la forme de l'accord, rachat ou simple accès au réseau, ne sont connus. On ignore si AT&T et T-Mobile donneraient leur accord. Les chiffres sur les coûts et les délais du réseau proviennent de déclarations de dirigeants aux intérêts opposés.
Ce qui change pour ceux qui travaillent dans le numérique
L'affaire concerne surtout le marché américain, mais elle enseigne aussi quelque chose à qui travaille en France. Quand un fournisseur de connectivité change de modèle, changent la couverture, les prix et les conditions pour ceux qui développent des services dépendant du réseau. Qui conçoit des applications mobiles, par exemple avec React Native, devrait prévoir des connexions instables ou intermittentes. Qui gère des appareils connectés peut regarder des protocoles légers comme MQTT, conçus pour économiser la bande passante.
Notre avis
L'idée est logique, mais fragile. SpaceX a acheté des fréquences et possède les satellites, alors que les pylônes sont la partie qu'on ne peut pas improviser. Racheter Boost semble un raccourci, mais si le contrat avec AT&T et T-Mobile ne se transfère pas, l'avantage reste entre les mains des concurrents. Le refus des trois grands montre que personne n'offre d'espace à qui veut devenir un rival. Tant qu'il n'y a pas de communiqué, traitons l'opération comme une hypothèse bien informée.
Questions fréquentes
SpaceX a-t-il racheté Boost Mobile ?
Non. Il est question de négociations rapportées par le Washington Post, sans confirmation officielle. SpaceX et Boost n'avaient pas répondu aux demandes de commentaire de The Verge.
Qu'est-ce que Boost Mobile ?
C'est un opérateur mobile virtuel d'EchoStar. Il n'a pas de pylônes propres et utilise le réseau d'AT&T et de T-Mobile. Avec GenMobile, il compte environ 7,5 millions de clients.
Pourquoi AT&T et T-Mobile sont-ils nécessaires ?
Parce que Boost loue de la capacité sur leurs réseaux. Selon les sources du Post, ces contrats ne sont en général pas transférables, donc ils pourraient devoir approuver la vente.
Que veut obtenir SpaceX ?
Un réseau hybride satellite et terrestre. Starlink couvrirait les téléphones en extérieur, tandis que les pylônes de Boost gèreraient les cas où le signal satellite n'arrive pas.
Cela concerne-t-il aussi la France ?
Pas directement. L'opération est américaine, mais elle indique la direction prise par SpaceX dans la téléphonie et peut intéresser ceux qui suivent la connectivité satellite en Europe.
Ce qu'il faut suivre dans les prochains mois sur le plan mobile de SpaceX
La partie se jouera sur les confirmations, les autorisations et les délais. Voici les signaux les plus utiles à suivre.
- Vérifie si SpaceX ou EchoStar publient des communiqués officiels sur l'accord.
- Suis la réponse d'AT&T et de T-Mobile concernant leur accord sur les contrats de location de réseau.
- Surveille les nouvelles sur l'accès aux environ 80 000 sites cellulaires évoqué par Bloomberg.
Sources
- techcrunch.com, SpaceX reportedly wants to buy Boost Mobile to compete with AT&T, T-Mobile, and Verizon
- androidauthority.com, SpaceX eyes US carrier acquisition for its growing cellular ambitions
- punto-informatico.it, SpaceX vuole acquisire Boost Mobile o usare la sua rete
- theverge.com, SpaceX could buy Boost Mobile as part of its big mobile carrier plans




